mardi 12 janvier 2016

Être maman, ça s’apprend

Par Kathleen Layla

Je suis maman monoparentale d’une petite fille de 2 ans, magnifique, intelligente, en santé. Elle mérite une belle vie, pleine de possibilité. Elle mérite la lune et le soleil, d’être bercée et aimée inconditionnellement. Elle mérite une maman qui a l’énergie de la guider pas à pas dans ses apprentissages, de jouer avec elle et lui apprendre à gérer ses émotions – qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Elle mérite tout.

Parce que, ma fille, elle n’a rien demandé. C’est moi qui l’ai mise au monde, et c’est un choix. C’est mon choix. J’en suis responsable. Et de ce choix, je me suis également engagée à prendre toutes les bonnes décisions qui venaient avec.

Mais ce n’est pas facile de devenir une maman parfaite. On aime tellement notre enfant qu’on voudrait parfois tout lui donner. Être plus que sûre qu’il ne manquera de rien, ce petit être vulnérable et tellement curieux! Être certaine qu’on saura en faire une bonne personne, équilibrée et saine. 

Il y a des journées où je suis exténuée, épuisée, complètement vide de toute énergie, mais je n’ai qu’à la regarder et je me sens à nouveau prête à tout affronter. Cet amour inconditionnel, qu’elle m’offre avec innocence, il n’y a pas de mot assez puissant pour décrire ça. Avec elle, ma vie est parsemée de belles aventures, de défis, de fantaisies, de fous rires qui n’en finissent jamais et de découvertes de toutes sortes.

Est-ce que je trouve cela facile ? Non, bien sûr que non. Il m’arrive fréquemment de ressentir cette immense culpabilité, qui me rend anxieuse et beaucoup trop stressée… Est-ce qu’elle a passé assez de temps, aujourd’hui, avec moi ? Est-ce que je suis intervenue de la bonne façon ? Est-ce que je lui donne trop de gâteries ? Toutes ces questions et bien d’autres me tourmentent et me font douter de moi-même, me remettre constamment en question. Alors, il va sans dire que je n’ai pas besoin du jugement des autres.

Pourtant, bien des gens jugent, volontairement ou non. C’est dommage, car certaines paroles peuvent blesser profondément. Parce ce qu’on se fait juger par des gens qui ne nous connaissent pas. Qui n’ont aucune idée de qui nous sommes et qui souvent ne prennent même pas le temps d’écouter. Par exemple, que l’éducatrice en garderie de ma fille me juge parce que je ne travaille pas, et m’en parle directement. Ou ceux qui viennent chez moi et qui me jugent parce que des jouets traînent dans le salon et la cuisine. On me dit aussi que ma fille a trop de jouets. De plus, chaque fois que j’ai eu besoin de la faire garder, il y a toujours eu quelqu’un pour me dire que je voulais seulement m’en débarrasser.

Ces gens-là, qui me jugent, qui vous jugent… Ne savent pas ce que vous avez vécu, traversé et surmonté. Ne savent pas non plus combien cela a pu être pénible et vous sembler insurmontable.

Beaucoup de maman ont été jugée de par leur jeune âge. Elles n’ont pas d’expérience, dans la vie comme avec les enfants ? Et, alors? On apprendra, tout simplement. Je connais beaucoup de jeunes mamans, aimantes et s’occupant de leur progéniture de leur mieux malgré les nombreux défis que ça représente, d’être une bonne maman. Il faut, jour après jour, continuer de persévérer et d’apprendre.

Des jugements, il va toujours en avoir. Il y a toujours quelqu’un qui sait mieux que toi quoi et comment faire, selon la situation.

Mais, il n’en tient qu’à nous de ne pas les prendre en compte. Être maman, c’est une longue aventure. On va commettre des erreurs, c’est certain, même si on essaie très fort. « Les seuls qui ne font pas d’erreurs sont ceux qui ne font rien », comme on dit. Mais on fera également des bons coups. Et nos enfants grandiront avec de l’amour.

Être maman, ça s’apprend. C’est ce qui fait toute la magie de cette relation unique et gratifiante. On apprend au fur et à mesure que son enfant grandit.

Alors, que vous soyez déjà maman ou sur le point de l’être, je tiens à vous dire une seule chose : ne laissez pas le jugement des autres vous affecter, faites tout simplement de votre mieux à tous les jours, posez-vous des questions (sans exagérer) et accordez-vous le droit à l’erreur.

Un dernier conseil : pour savoir de quoi votre enfant a besoin, la meilleure personne pour vous répondre, ce sera toujours votre enfant. Écoutez-le attentivement. Observez-le. Vous entendrez ses besoins.

La maman parfaite n’existe pas, mais la maman en apprentissage, oui.

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